Biographie

De Sigmund Freud

La deuxième topique, refonte théorique 1913-1922

Rupture avec Karl Gustav Jung


À cause de son différend avec Wilhem Stekel, Sigmund Freud demanda à ses collaborateurs et amis de faire disparaître leurs noms du Zentralblatt. Ce dernier périodique est remplacé par l’Internationale Zeitschrift für Psychoanalysis dirigé par Ferenczi, Rank et Jones. En 1912 Karl Gustav Jung publie Métamorphoses et Symboles de la Libido où la libido est décrite par l’auteur comme une tension générale et non plus comme une énergie sexuelle ce qui a pour effet de vider de sa substance la notion freudienne du Complexe d’Œdipe. Cette publication suivie de conférences de Karl Gustav Jung aux États-Unis ouvrit un conflit, puis une rupture entre Sigmund Freud et le président du mouvement en 1913 lorsque Sigmund Freud propose à Karl Gustav Jung d’interrompre leur correspondance. Karl Gustav Jung se démit de ses fonctions de Président, et quitta bientôt l'Association Internationale pour fonder son propre mouvement. Le fauteuil restant vacant, Karl Abraham est élu Président intérimaire.

1914 : Freud publie la Contribution à l'histoire du mouvement psychanalytique : « La psychanalyse est ma création : pendant dix ans, j'ai été le seul à m'en occuper, et pendant dix ans, c'est sur ma tête que s'abattaient les critiques par lesquelles les contemporains exprimaient leur mécontentement envers la psychanalyse et leur mauvaise humeur à son égard. Je crois même pouvoir affirmer qu'aujourd'hui encore… personne n'est à même de savoir mieux que moi ce qu'est la psychanalyse, en quoi elle diffère d'autres modes d'exploration de la vie psychique, ce qui peut être désigné par ce terme ou ce qui pourrait mieux être désigné autrement. » 


Les années de guerres :

Elles affectent profondément le mouvement. Des disciples et étudiants et amis se trouvent séparés dans des pays devenus soudainement ennemis. Certains sont mobilisés puis ne reviendront pas. Deux des fils de Sigmund Freud, Jean-Martin et Ernst, furent mobilisés à leur tour. Sigmund Freud, un temps séduit par le nationalisme austro-allemand ambiant, devint rapidement sceptique quant aux causes et finalités de la guerre. C’est aussi une période de perte de clientèle et de doutes assombris par les mauvaises nouvelles du front comme par les privations. Cependant Sigmund Freud atteint l’âge de soixante ans, ce qui à l’époque est au-delà de l’espérance de vie moyenne, ce qui impliqua l’intégration de sa mortalité à son projet de vie. En 1917 au plus sombre de la guerre, la volonté de poursuivre intensément son travail entrepris reprit le dessus. Il exposa le caractère révolutionnaire de sa théorie en regard du narcissisme humain tout en la plaçant dans la continuité des grandes évolutions historiques de la pensée :

  • L’humiliation cosmologique de la révolution Copernicienne : L’homme et la terre ne sont plus le centre du monde ou de l’univers.
  • L’humiliation biologique de la révolution Darwinienne : L’homme n’est plus au-dessus du monde animal, l’homme descendant du singe et est un animal parmi les autres.
  • L’humiliation psychologique de la révolution Freudienne : La découverte de l’inconscient a pour effet que la conscience humaine n’est pas la maîtresse absolue de sa volonté comme de sa pensée ou de ses actes.

 

1915 : disparition du périodique Jarbuch 

1915 : Freud sauve les périodiques Zeitschrift et l’ Imago

1915 : publie Considérations actuelles sur la guerre et la mort

1917 : publie Introduction à la psychanalyse

 

Au cours de cette même période, Sigmund Freud se lance dans la rédaction de la Métapsychologie. Cette théorie générale de la représentation du psychisme humain décrit un mode d'observation des processus psychiques décomposables en trois approches distinctes : la dynamique, la topique et l'économie. Sur les douze manuscrits Freud ne conserva que Les pulsions et leur destin, Le refoulement, l’Inconscient, Deuil et mélancolie.

 

1919 : La paix revenue, c’est l’année des retrouvailles entre Sigmund Freud et les membres du Comité. La crise économique, comme la dévaluation croissante, puis vertigineuse de la monnaie pousse Sigmund Freud à rechercher, parmi les Anglais et les Américains, des patients et des médecins désireux de s'initier à la psychanalyse. Il fonde la maison d'édition psychanalytique Verlag, financée par Anton Von Freund et codirigée par Sandor Ferenczi et Otto Rank. Sigmund Freud est nommé professeur ordinaire à l'Université de Vienne. Venu après tant d’opposition ou d’agressivité à sa théorie comme à sa pratique, cet honneur fut tout juste toléré par Sigmund Freud qui l’accepta pour des raisons principalement financières. Cette distinction fut suivie par une progressive reconnaissance internationale dont le sommet se situa vers les années trente.

 

1920 : Décès de Sophie, la fille de Freud, à Hambourg à la suite d'une pneumonie grippale foudroyante. Sigmund Freud et sa femme en sont très affectés. Sigmund Freud ajoute le nom de sa fille Anna Freud à celle des membres du Comité.

 

1921 : Élaboration de la seconde topique (Le Moi, le ça et le surmoi) qui se superpose et complète la première (inconscient, préconscient et conscient). La dynamique des conflits y est interprétée comme des défenses du Moi vis-à-vis des pulsions sexuelles ou des pulsions agressives. Il écrit à son ami Sandor Ferenczi : « Le 13 mars de cette année, je suis entré brusquement dans la véritable vieillesse. Depuis, la pensée de la mort ne m'a pas quitté, et quelquefois, j'ai l'impression que sept de mes organes internes se disputent l'honneur de mettre fin à ma vie. (...) Malgré tout je n'ai pas succombé à cette hypocondrie, mais je la contemple avec détachement, un peu comme pour les spéculations d’Au delà du principe de plaisir. »

 

1922 : Anna Freud et Lou Andreas-Salomé (Louise von Salomé) qui est une femme de lettres et psychanalyste allemande d'origine russe entrent toutes deux à la Société Viennoise de Psychanalyse.


Biographie de Sigmund Freud, pour en savoir plus :

L’âge de la sagesse 1922-1939